> On ne peut le saisir : le bonheur a des ailes. [Damoclès Vieux]
Je me suis toujours demandé comment écrire sur le bonheur. Comment parler d'un sentiment indomptable et fugace sans tenter de le comprendre? Comment vendre nos émotions comme sur un étalage sans faire chier les gens qui nous lisent? Comment dire "je suis heureuse" sans qu'on nous crache à la gueule? C'est bien trop facile.
Et pourtant, ce soir je me décide, je sors de mes retranchements, j'arrète de jouer la torturée, droguée aux plaisirs de la chair et abonnée à la provoc'. Ce soir, j'arrète, je tombe le masque, je ne veux plus être une tragédienne grecque qui fait couler son mascara, qui veut révolutionner le monde à coup de cigarettes, regards plus sexuels que sensuels, préservatifs usagés, et de baisers mal donnés. Crachez moi tous à la gueule, dites moi que je perds ma saveur, mon identité et sortez les sifflets, les cartons jaunes et rouges... Sortez moi du terrain. Je m'en fous, je m'en fous tellement désormais. Dites moi que je suis une gamine, encore plus naive qu'avant, que je me gourre encore, toujours. Ca coule sur ma peau sans s'arrèter, mais ça ne sera jamais à la hauteur de ses caresses. Je n'ai plus besoin d'avoir mal pour exister, je n'ai plus besoin d'être mal pour aimer, je suis à lui. Je suis hors cliché, il n'est pas l'homme de ma vie, ni mon premier, ni mon dernier, mais je l'aime...